Lorsqu’une situation de souffrance s’installe, le corps a tendance à se mettre au repos. Repos qui, sur l’instant, calme la douleur, mais l’aggrave à plus longue échéance. C’est un cercle vicieux qui conduit au déconditionnement à l’effort et à l’aggravation de la douleur.

Le patient doit alors éviter deux pièges :

  • le premier, qui consiste à cesser toute activité physique de peur de voir apparaître ou augmenter la douleur ;
  • le second, qui est de continuer les activités physiques jusqu’au seuil de réapparition de la douleur, et de dépasser les limites de celle-ci. Le patient n’a plus alors qu’une solution : se mettre au repos jusqu’à disparition de la douleur. Ce schéma négatif d’échecs répétés : « je force, puis je m’arrête » est à proscrire au profit d’activités physiques et de périodes de repos fractionnées.

De plus, l’activité physique permet d’éviter les raideurs ou les postures compensatrices néfastes, la perte de sensation des articulations dans l’espace et la fonte musculaire.

Pour ce qui est de l’activité physique, les exercices doivent être adaptés à l’âge et à la condition physique du patient, ainsi qu’à l’intensité des douleurs ressenties. Les exercices doivent aussi être fractionnés afin de permettre le repos du corps dans les intervalles.

LA REPRISE D’ACTIVITÉ : LES GRANDS PRINCIPES

Ces activités fractionnées peuvent être progressivement augmentées à condition de respecter quelques principes essentiels :

  1. Choisir des activités physiques de niveau accessible.
  2. Se donner un premier objectif motivant : réussir à refaire ce que l’on ne faisait plus.
  3. Planifier des programmes courts et des objectifs à évolution progressive.
  4. Se préparer : position, décontraction, détente, relaxation musculaire, respiration, attitude « positive ».
  5. Pratiquer les exercices quotidiennement, régulièrement et sans chercher la performance: par exemple, marcher 10 min, puis 20 min ; en piscine, nager trois longueurs, puis cinq longueurs.
  6. Ne pas dépasser ses limites, ne pas forcer.
  7. Prévoir des pauses au cours de l’activité. Alterner les périodes d’activité physique et les périodes de récupération.
  8. Préférer les activités physiques fractionnées à une longue séance.
  9. Intensifier les exercices, d’abord les exercices « faciles » pour en tirer une satisfaction immédiate (marche lente puis marche plus rapide).
  10. Conserver la notion de plaisir dans l’activité physique.
  11. Se récompenser de ses succès.

Pr Françoise Laroche - CETD (Centre d'étude et de Traitement de la Douleur), Hôpital Saint-Antoine, Paris
Dr Esther Soyeux - CETD (Centre d'étude et de Traitement de la Douleur), Hôpital Saint-Antoine, Paris