ANTALGIQUES

Les antalgiques habituels sont les premiers médicaments proposés en cas de douleur. Cependant, ils ne sont pas toujours efficaces quand la douleur est devenue persistante.
Dans ce cas, les traitements sont plutôt associés à d’autres techniques ou approches non médicamenteuses (exercices physiques, appareillage, techniques de neurostimulation, acupuncture, fascia thérapie, ostéopathie, relaxation, sophrologie, psychothérapies…).

On peut aussi associer des médicaments ayant des mécanismes d’action différents.

Certaines douleurs, de par leurs mécanismes, répondent peu ou mal aux antalgiques (les douleurs neuropathiques, par exemple). On propose alors d’autres molécules tels certains antidépresseurs et/ou certains antiépileptiques.

ANTIDÉPRESSEURS

Certains antidépresseurs ont démontré ces dernières années une efficacité antalgique, notamment dans les douleurs neuropathiques. Cette efficacité apparaît avec des posologies souvent différentes de celles utilisées dans la dépression. Ces antidépresseurs agissent sur des médiateurs du cerveau et de la moelle épinière (noradrénaline et sérotonine surtout), qui interviennent dans le contrôle de la douleur.

Parfois, le patient imagine que le médecin ne croit pas à sa douleur, qu’il le croit « fou » car il lui prescrit ce type de traitement.

Pour chaque patient, il faut trouver le médicament qui sera le mieux adapté, c’est-à-dire celui qui aura la meilleure efficacité avec le moins d’effets secondaires. On détermine alors au cas par cas la bonne dose. Ces produits ont aussi des effets sur le sommeil et l’anxiété. Ils sont donc aussi prescrits par le médecin en fonction de ces critères.

Ne pas hésiter à poser des questions au médecin permet de mieux comprendre l’utilité et les modalités de prise du traitement.

ANTIÉPILEPTIQUES

Certains antiépileptiques permettent de diminuer l’hyper - excitabilité des fibres nerveuses, particulièrement dans les douleurs neuropathiques. Il s’agit encore ici d’un mode d’action sur la douleur, le patient n’étant bien sûr pas épileptique.
Une titration est nécessaire, c’est-à-dire l’augmentation progressive des doses pour obtenir la dose minimale efficace et bien supportée par le patient. Il arrive parfois qu’on observe des effets indésirables en début de traitement sans avoir encore d’efficacité ; c’est classique, et c’est pourquoi il faut persévérer car la balance s’inverse ensuite.

On ne devient pas dépendant de ces traitements, en revanche, arrêter brutalement les prises entraîne un syndrome de sevrage.

ÉDUCATION THÉRAPEUTIQUE

Être informé(e) sur la maladie et/ou les douleurs dont on souffre permet d’acquérir une autonomie par rapport à ladite maladie et de mieux en contrôler les accès douloureux. En intégrant des connaissances sur votre maladie, vous pourrez apprendre à gérer votre traitement et devenir, par l’acquisition de ces compétences, le partenaire des professionnels de santé qui vous suivent (médecin généraliste, spécialiste, kinésithérapeute, psychologue, psychiatre...).

Pour la gestion de votre douleur, il vous sera indispensable de tenir à jour un agenda de vos médicaments, de votre douleur, de vos activités, de votre sommeil, de votre stress…

PSYCHOTHÉRAPIE

On vous proposera peut-être une psychothérapie pour vous aider à mieux comprendre vos réactions vis-à-vis de la douleur. Elle vous permettra d’identifier les facteurs de déclenchement et d’entretien de la douleur et de les analyser. Elle vous aidera dans le choix des buts à atteindre.

Les modalités de psychothérapie sont nombreuses et leurs spécificités sont à étudier avec le médecin qui vous suit. Celui-ci vous aidera à choisir entre les thérapies pragmatiques (comportementales et cognitives) ou plus introspectives (psychanalyse). Il vous guidera soit vers une thérapie brève, soit vers une thérapie nécessitant un engagement à plus long terme.

Pr Françoise Laroche - CETD (Centre d'étude et de Traitement de la Douleur), Hôpital Saint-Antoine, Paris
Dr Esther Soyeux - CETD (Centre d'étude et de Traitement de la Douleur), Hôpital Saint-Antoine, Paris