La personne qui souffre de fibromyalgie – plus souvent la femme – décrit des douleurs diffuses, y compris à la colonne vertébrale, depuis plus de 3 mois. Il s’agit de douleurs musculaires et des tendons, ressemblant à des courbatures intenses. La douleur touche aussi bien les parties hautes que basses du corps, les parties droites que gauches. Ces douleurs sont reproduites ou aggravées par une simple pression. On parle alors d’allodynie.

Le début peut être brutal (suite à un accident, une opération, un accouchement, une infection, un choc psychologique…) ou d’installation progressive.

À l’examen, la personne décrit de multiples zones douloureuses, qui touchent les articulations, les muscles et/ou les tendons de manière spontané et/ou à la pression. L’examen peut mettre en évidence des zones douloureuses à la pression parmi 18 sites anatomiques (qui correspondent aux insertions des tendons), on parle de fibromyalgie.

LES AUTRES SYMPTÔMES ASSOCIÉS

D’autres symptômes sont souvent associés, variables selon les cas, notamment :

  • Raideur matinale ;
  • Sommeil non récupérateur ;
  • Troubles digestifs (côlon irritable, colopathie) ;
  • Douleurs dentaires ou de la mâchoire ;
  • Phénomène de Raynaud au froid (pâleur, sensation de « doigts morts ») ;
  • Céphalées (migraines ou céphalées de tension) ;
  • Vertiges, malaises, fourmillements des doigts ;
  • Sensation subjective de gonflement, de tuméfaction des zones douloureuses ;
  • Anxiété/dépression.

Certains symptômes sont considérés comme des critères de sévérité :

  • Fatigue
  • Troubles de la concentration et/ou de mémoire
  • Réveil non reposé

LES EXAMENS COMPLÉMENTAIRES SONT-ILS UTILES ?

Tous les examens pratiqués – radiographie, électromyogramme, bilan sanguin ou autres (scanner ou IRM) – sont normaux : il n’existe pas de lésion anatomique. Il est important de savoir que les symptômes ne sont pas dus à une lésion, à une maladie du muscle ou à une maladie neurologique.

La vie du patient n’est pas en danger et il n’y a pas de risque de paralysie.

En revanche, la douleur est vraiment là et il est important de comprendre qu’on peut avoir vraiment mal sans qu’il y ait de lésion démontrée à ce jour.
Les recherches actuelles concluent à un dysfonctionnement des mécanismes centraux de contrôle de la douleur, qui crée cet état d’hypersensibilité, un peu comme si le thermomètre de la douleur s’était déréglé.

On a souvent affirmé que cette douleur était due à des troubles psychologiques. Il est vrai qu’on observe plus souvent de l’anxiété et de la dépression au cours de la fibromyalgie que dans la population générale. Mais la fibromyalgie n’est pas une maladie imaginaire. Dans tous les cas, il est important de vérifier si de tels troubles psychologiques existent, car ils contribuent à aggraver la souffrance du patient et doivent également être pris en compte dans les soins.

QUELLE EST LA PRISE EN CHARGE ?

Le traitement consiste en une association de plusieurs modalités thérapeutiques : médicaments (antalgiques et/ou certains antidépresseurs et/ou certains antiépileptiques), reprise d’activités physiques, éducation thérapeutique de type cognitivo-comportementale, relaxation et éventuellement accompagnement psychologique.

 

Pr Françoise Laroche - CETD (Centre d'étude et de Traitement de la Douleur), Hôpital Saint-Antoine, Paris
Dr Esther Soyeux - CETD (Centre d'étude et de Traitement de la Douleur), Hôpital Saint-Antoine, Paris