La luxation de l’épaule est la luxation la plus fréquente. Cette revue de littérature américaine synthétise les récentes avancées dans le domaine.

Il est rappelé l’importance de rechercher les déficits sensitifs et/ou moteurs, et de la mentionner dans le dossier. Concernant les radiographies, le praticien pourrait s’en passer (avant et après réduction) pour des présentations classiques de patients récidivant leur luxation d’épaule avec un mécanisme lésionnel de faible cinétique. Dans ces conditions, la réduction est parfois faite sur place, sans antalgique. Si la rapidité du geste parait essentielle, des antalgiques sont souvent utilisés : per os, IV, IM ou encore une injection intra-articulaire d’anesthésique. La sédation procédurale reste réservée aux procédures plus complexes en raison du temps nécessaire de surveillance du patient. Toutes les techniques de réduction sont efficaces dans 76 à 92% des cas et un changement de technique sera nécessaire en cas d’inefficacité au bout de deux tentatives. Enfin, après réduction, une immobilisation est préconisée avec une habitude de trois semaines pour les premières luxations et une semaine pour les luxations récidivantes, sans étude comparative d’efficacité et/ou d’antalgie.

Cette revue de littérature revient, de façon intéressante, sur certains dogmes, la nécessité d'une radio par exemple, et montre encore le travail restant à accomplir : le praticien considérant souvent que l’écharpe antalgique post-réduction assure toute l’antalgie…

Dr François Lecomte (Paris)

A partir de la publication : Hendey GW., Managing Anterior Shoulder Dislocation, Ann Emerg Med. 2016 Jan; 67(1): 76-80
Article en accès libre.
http://www.annemergmed.com/article/S0196-0644%2815%2901086-0/abstract